Pochoir et politique, Dieudonné

Devant le métro Rambuteau, Paris 4e

Devant le métro Rambuteau, Paris 4e

L’humoriste et ancien compère d’Eli Semoun, Dieudonné Mbala Mbala se présente aux éléctions européennes sous une liste antisionniste. Nombreux sont ceux qui ont été pris d’un haut le coeur devant ses affiches mais combien sont ceux qui ont fait attention à ce pochoir reproduit à l’infini sur les trottoirs de Paris ? L’utilisation du pochoir à des fins de propagande politique n’est pas neuve. Cela fait même partie de l’histoire de ce medium. Toutefois, depuis quelques années, les pochoirs de texte au sol s’apparentent plus en général à des stratégies de street marketing. Les labels de musique y ont régulièrement recours, en particulier pour la promotion d’artistes de rap ou R’n'B. Certaines marques peuvent aussi faire le lancement de tel ou tel produit par ce biais-là. Je me souviens même du teasing du Jean-Paul II de Robert Hossein en 2007 et de ses pochoirs de sol qui intimaient « N’ayez pas peur » dans tout le 18eme arrondissement. Cependant, dans la première moitié des années 2000, les pochoirs de sol évoquaient plus une contestation politique, des revendications sociales qui s’affichaient sur le sol et étaient le fait de quelques individus qui souhaitaient partager leur opinion sur les expulsions ou le nuclaire.
Interpréter un pochoir de texte sur un trottoir devient donc aujourd’hui malaisé. De nombreux acteurs de la société s’en sont emparés comme  outil de diffusion. Les codes sont identiques et il faut donc réfléchir avant de conclure sur la provenance de l’auteur ou l’identité du commanditaire. Les partis politiques n’ont plus vraiment eu recours au pochoir depuis les années 80 (la rose du PS), le Front National a toujours préférer proférer par voie d’affiche (mélanger du verre pilé à la colle les font vraiment se poiler). Ici, le message « Dieudonné Soral Résistance » peut éventuellement créer de l’ambiguite sur l’entité contre qui faire résistance. C’est pourquoi il faut éclairer le promeneur lambda sur le fait que Dieudonné a volontairement souhaiter placer sa campagne politique sous le signe de la rue. C’est le cas avec sa tournée en Dieudobus et encore plus avec cette campagne de pochoirs qu’il a orchestrée.

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The humorist and former partner of Eli Semoun, Dieudonné Mbala Mbala stands for elections as a anti-Zionism list. Many have been disgusted before his posters, but how many did pay attention to this stencil reproduced on the streets of Paris? Stencilling for the purposes of political propaganda is not new. It is even part of the history of this medium. However, in recent years, stencilling texts on the sidewalks are more generally linked to street marketing strategies. Music labels have regularly used it, particularly for the promotion of artists rap or R’n'B. Some goods of some brands may also have been launched through this way. I remember the teasing of the play John Paul II by Robert Hossein in 2007 and its stencils which told « Do not fear » throughout the 18th arrondissement. However, in the first half of 2000, stencilling texts evoked a dispute over political, social demands that popped up on the floor and were by a few individuals who wanted to share their views on evictions or nuclaire.
Interpreting a text stenciled on a sidewalk becomes difficult today. Many actors in society used stencil for dissemination. The codes are identical and one should therefore think twice before concluding on the origin of the perpetrator or the identity of the sponsor. Political parties have not really used stencil since the 80s (the rose by the Parti Socialiste), the National Front has always preferred pasting (mixing crushed glass and glue make them really laugh).Here, the message « Dieudonné Soral Resistance » may create ambiguity about the entity against which to resist. Therefore the walker has to be explained on the fact that Dieudonné voluntarily wish to place his political campaign under the banner of the street. This is the case with his tour in Dieudobus and more with this stencil campaign he orchestrated.

4 commentaires

  • By marc, 4 juin 2009 @ 21:59

    on peut citer sur le même sujet les pochoirs « Appaches » qui fleurissent sur les murs et trottoirs parisiens, très vicieux aussi car fait par de jeunes fachos parisiens (les jeunesses identitaires) en détournant notamment le sigle antifa des deux drapeaux, très vicieux.

  • By sam, 5 juin 2009 @ 8:58

    Effectivement, ça m’intéresse, qu’est-ce que c’est ?

  • By marc, 5 juin 2009 @ 9:09

    un exemple trouvé sur flickr:
    http://www.flickr.com/photos/photograff92/3557107599/
    attention ce sont tout sauf des anars!

  • By johan, 5 juin 2009 @ 14:00

    on peut également noter, sur le même sujet (mais en beaucoup moins antipathique), que le logo du NPA de Besancenot (mégaphone sur fond rouge) est précisément directement inspiré de cette culture du pochoir contestataire dont tu parles

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