
La galeriste parisienne Magda Danysz est à l’initiative d’un ouvrage édité chez Drago et sous-titré “a Street Art anthology”. Il est consacré au glissement progressif entre tag, graffiti et ce qu’on appelle street art. Avec un titre polémique “From style writing to art”, elle se donne l’ambition, motivée par sa certitude que le street art est le mouvement artistique le plus important du tournant du siècle, d’analyser un phénomène complexe. Son approche est tout d’abord didactique, elle s’intéresse à la chronologie des différents composants au sein des différents mouvements qui ont émergé dans la rue depuis les années 60. Et elle présente en même temps une sélection de 50 artistes, chacune de ces notices étant découpée en quatre thématiques: le début de carrière, le moment décisif, l’entrée dans le monde de l’art, et l’aspect stylistique.
Magda Danysz n’a pas oublié d’évoquer le pochoir dans son livre qu’elle présente comme faisant partie intégrante du street art. On sait bien que le goût de Magda se porte essentiellement vers le graffiti avec des artistes comme JOn one, Quick ou Crash qu’on a beaucoup vus ces derniers temps, ainsi que les artistes présentés lors de l’exposition de lancement de son livre : Seen, Futura 2000, West ainsi que Miss Van, Invader ou Obey Giant pour ce qui est du street art. Le pochoir est donc un terrain que Magda n’avait pas encore foulée et les maladresses, comme l’orthographe des noms d’artistes, que nous rencontrons dans ce livre sont donc excusées par sa bonne volonté.
J’aimerais toutefois rectifier un point ou deux de détail.
Magda a recouru à un exercice dangereux consistant à lister les artistes pochoiristes majeurs dans les années 80, émergents dans les années 90 et surtout les plus importants aujourd’hui à savoir : Banksy, Speedy Graphito, Jérôme Mesnager, Miss.Tic, Nemo, Jef Aérosol, Blek le Rat, C215, Vhils, 157, Haha et Logan Hicks.
Speedy Graphito et Jérôme Mesnager ne peuvent pas être considérés comme tels, car d’une part, le pochoir se fait aujourd’hui très rare dans la production de Speedy Graphito qui est plus centrée sur un travail d’atelier à l’acrylique et, d’autre part, Jérôme Mesnager, même si il a souvent été assimilé au mouvement de par ses affinités avec certains artistes tels que Nemo ou MOsko et Associés, n’a jamais pratiqué le pochoir. Par ailleurs, j’ai l’humilité de reconnaître que je n’ai aucune idée de qui peut bien être 157 et à mes yeux, le travail de Haha est intéressant mais ne peut en aucun cas être considéré comme étant un des plus importants de notre époque.
Et enfin, mon deuxième point concerne ce paragraphe : “However, there’s an important distinction to keep in mind between spontaneous street stencils and those prepared in the studio. The first one is cut on the spot, and therefore of rough execution, whereas studio preparation can be compared to lace work.” Je suis sûre que tout un chacun doit trouver hilarant d’imaginer quelqu’un au bord d’un trottoir, les fesses en l’air, en train de découper à la va vite son pochoir avant de le poser sur le mur. Il s’agit sans aucun doute d’une erreur de traduction. On peut supposer qu’il devait être question de la disctinction entre pochoirs anonymes simples comme durant la majorité de ceux issus des années 80 et les pochoirs éxécutés en atelier qui sont d’une complexité autre.
Ces choses étant dites, l’historique qui est fait du pochoir est très complet et documenté et les notices par artistes sont également très instructives. Les pochoiristes choisis pour figurer dans cette anthologie sont : Victor Ash, Blek le Rat, Miss.Tic, Banksy, Faile, M-City et Vhils.
Voici plus bas les pièces de Blek le Rat présentées depuis le 24 octobre dans son exposition “From style writing to art”.
“From style writing to art”
Jusqu’au 21 novembre 2009.
Galerie Magda Danysz
78, rue Amelot
75011 Paris

The Parisian gallery owner Magda Danysz has initiated a book published by Drago and subtitled “A Street Art anthology”. It focuses on the gradual shift between writing, graffiti and so-called street art. With a title controversy “From writing style to art”, she is motivated by her belief that street art is “the most interesting artistic movement at the turn of the century”, and she aims to analyze a complex phenomenon. Her approach is first learning, she focuses on the chronology of the various components within the various movements that emerged in the streets since the 60’s. And she has also presented a selection of 50 artists, each of these references are divided into four themes: the beginnings, the “Aha!” moment, into the art world, and the style.
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